Bamako – Le gouvernement malien a annoncé une nouvelle réduction des prix du carburant à la pompe dans la capitale, Bamako. À compter de minuit, l’essence et le gasoil connaîtront une baisse de 25 francs CFA par litre. Cette mesure fait suite à une première diminution de 50 francs CFA en octobre dernier, visant à alléger le coût de la vie pour les habitants de la capitale.

Un allègement du coût de la vie à Bamako, un impact mitigé
Cette initiative s’inscrit dans une politique de régulation des prix des hydrocarbures, destinée à atténuer l’impact de l’inflation sur les consommateurs de Bamako. En effet, la hausse des prix du carburant ces dernières années a entraîné une augmentation du coût des transports et des produits de première nécessité, affectant directement le pouvoir d’achat des ménages de la capitale.
Cependant, les réactions des habitants de Bamako nuancent l’enthousiasme. « Tous les produits combustibles ne sont pas concernés par la baisse des prix, notamment le gaz butane, très utilisé par les ménages et les restaurants », souligne un résident. « Sur 7 à 8 types de carburant, seulement 2 sont concernés, c’est peu significatif pour améliorer le pouvoir d’achat des ménages, surtout que le gaz butane reste cher par rapport aux pays voisins de l’AES ».
Un autre habitant de Bamako confie : « C’est une bonne chose que le prix du carburant baisse, si les prix des transports baissaient aussi, nous pourrions dire que ça va un peu. Déjà qu’on nous prélève de l’argent dans les opérations Orange Money. »
… Mais une situation alarmante dans le nord
La situation est alarmante dans les régions du nord du Mali, qui ne bénéficient pas de cette baisse des prix. Ces régions sont confrontées à des pénuries de carburant et à des prix exorbitants. À Gao et Tombouctou, le litre d’essence oscille entre 1200 et 1500 francs CFA, tandis qu’à Ménaka, il atteint le prix vertigineux de 3000 francs CFA.
« Pour quelqu’un qui est au Nord du pays où ces décisions du gouvernement n’ont pas d’effets sur les prix, on a un sentiment d’inégalité et d’injustice », témoigne un habitant. « On est tentés de se demander si le gouvernement décide pour tous les Maliens, surtout que quand il s’agit de taxer tous les Maliens, là, tout le monde est concerné ».
Un enjeu Économique et social à deux vitesses, un appel à l’équité
La baisse du prix du carburant pourrait soulager les transporteurs, les commerçants et l’ensemble des citoyens de Bamako qui dépendent des hydrocarbures pour leurs activités quotidiennes. Cependant, l’exclusion des régions du nord de cette mesure risque d’aggraver les difficultés économiques et sociales déjà présentes dans ces zones. Les prix élevés du carburant pourraient entraîner une flambée des prix des biens de première nécessité, isolant davantage ces populations.
« Il faut que des décisions pareilles soient d’abord applicables sur l’ensemble du territoire national, en tout cas, dans les grandes villes », insiste un résident du nord. « Une décision de baisse des prix des denrées à Bamako doit pouvoir s’appliquer à Mopti, à Gao ou à Ménaka ».
Une politique de soutien aux consommateurs inégalitaire, un appel à l’action
Avec cette nouvelle réduction, les autorités cherchent à démontrer leur engagement en faveur du bien-être économique des Maliens de la capitale. Reste à voir si cette tendance à la baisse se poursuivra dans les mois à venir, et si des mesures seront prises pour remédier à la situation critique dans les régions du nord. L’équité de la politique de soutien aux consommateurs est désormais en question.
« Les autorités doivent plutôt avoir une attention particulière pour les zones de conflit où les populations souffrent depuis plusieurs années à cause des difficultés d’approvisionnement etc. », conclut un habitant. Affaire à suivre

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